Mardi 21 février 2012 2 21 /02 /Fév /2012 12:41

Suite des infos concernant les éditeurs académiques et les publications scientifiques:

Après les lois SOPA et PIPA, le congrès américain examine le "Research Works Act" qui cherche à limiter les publications en Open Access.

http://blog.mysciencework.com/2012/01/20/le-research-works-act-une-menace-pour-lopen-access.html

Par unis-vers-cythere - Publié dans : Recherche
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Mardi 21 février 2012 2 21 /02 /Fév /2012 12:09

Mon université, au top des techniques de communication, organise depuis quelques années des journées Portes Ouvertes afin de réconcilier les djeun's avec la science. Comme bien souvent, partant d'une bonne intention, ma chère université à tout de même réussi à se tirer une balle dans le pied. Comment est-ce possible ? En avant le désastre :

 

Les journées portes ouvertes, c'est comme le salon Infosup (salon d'information et d'orientation post-bac organisé tous les ans au Parc des Expositions), sauf qu'on est moins bien installé.

Un point d'information était localisé au Bâtiment administratif, à l'entrée de l'Université, qui se chargeait d'orienter les futurs bacheliers et leurs parents......vers des bâtiments situés à l'autre bout du campus. La légende veut que la fac soit la jungle, pour le coup, ce samedi là, c'était le désert de Gobi : vide, froid et battu par les vents, mais sans yacks.

 

Nous étions installés, avec mes collègues, dans un bâtiment parmi les plus délabrés du campus : Construit dans les années 90, défraîchi par le temps et les intempéries, bardage extérieur en alu défoncé, rideaux au fenêtres des amphithéâtres en lambeaux, plans de travail cassés remplacés à la va vite par de vulgaires planches en bois brut couvertes de graffitis. Par chance, certaines vitres éclatées par l'explosion d'AZF, masquées par des planches de contreplaqué ont été remplacées en...2011. Par respect pour le lecteur, je n'aborderais pas l'état des toilettes du lieux. Je peux seulement dire que cet état a motivé des collègues pour ouvrir un blog de photos.

Cerise sur le gâteux, nous étions debout dans le hall, à la jonction des courants d'air en provenances des 3 entrées du bâtiment, plantés devant des distributeurs de boissons dans leur cage anti-effraction portant la mention « hors service » suite à un conflit entre l'exploitant et l'université.

Au milieu de ce tableau apocalyptique, j'ai pourtant tenu ma permanence toute l'après-midi, comme quoi, on peut avoir l'air con tout en restant digne.

 

Quels enseignements ont retirés les futurs étudiants de cette expérience? Sûrement pas une envie débordante de venir à la fac. J'entends même leurs parents leur glisser à l'oreille, en sortant : « tu vas quand même pas faire tes études ici ? ». M'est d'avis, que le nombre d'étudiants en première année , à la rentrée prochaine ne va pas croître. Je ne sais pas pourquoi, une intuition.......

 

Au vu de ce constat pitoyable, il me vient une question : « Y'a-t-il une quelconque forme de vie intelligente au service de communication de mon Université? ». On s’enorgueillit de l'effort du gouvernement pour ses universités. Les autorités locales se félicitent de voir Toulouse lauréate de l'IDEX. Cependant, à la base nous fonctionnons dans des locaux et avec des moyens digne d'une université du fin fond de l'Albanie. Nos moyens sont indigents comparés à d'autres universités Toulousaines, scandalisent nos collègues recrutés venant d'autre universités françaises et glacent d'éffroi nos collègues étrangers quand on les confronte à notre quotidien. Durant mes années sud-américaines, j'entendais souvent les citoyens, constatant avec désarroi l'inefficacité des autorités et la corruption demander « ¿Donde está la plata ? ». A mon tour je demande « Et il est passé où tout ce fric ? ».

Le slogan de mon Université est « La Science en Grand », ce n'est pas faux, mais il y a des choses bien plus grandes dans mon université (devinez lesquelles).

Par unis-vers-cythere - Publié dans : Métier
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Lundi 20 février 2012 1 20 /02 /Fév /2012 13:15

Pour prolonger mon article sur les pratiques des éditeurs académiques:

La communauté scientifique se mobilise et appelle au Boycott de l'activité éditoriale à l'encontre d'Elsevier, via une petition intitulée "the cost of Knowledge". Cette initiative a été relevée par le Guardian: "Scientists sign petition to boycott academic publisher Elsevier".

 

Par unis-vers-cythere - Publié dans : Recherche
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Jeudi 2 février 2012 4 02 /02 /Fév /2012 21:34

Une vieille blague de chercheur, ré-écrite à la manière de "Bref":

 

  Bref, j'avais besoin de 15 K€ pour financer mes recherches.

 

Je suis allé voir mon directeur de labo et je lui ai dit :

« J'ai besoin de 15 K€ »

Il m'a dit :

« T'as besoin de 15 K€ ? »

J'ai répondu :

« J'ai besoin de 15 K€ »

Il m'a dit :

« Je les ai pas. On va demander à l'Université. Elle finance pas des demandes aussi faible. Il te faut t'associer avec quelqu'un d'un autre labo et demander plus »

Je suis allé voir un collègue du labo d'à côté. Il avait les cheveux gras. Il portait des lunettes à double foyer. Il puait la sueur. Je lui ai dit :

« J'ai besoin de 15 K€. »

Il m'a dit :

« moi, il me faut 20 K€ »

On a bossé ensemble. On a écrit un projet. Il sentait vraiment la sueur. On a demandé 35 K€ à l'Université. L'université nous a dit :

« C'est génial, mais on peut pas vous financer, demandez à l'ANR »

J'ai revu le gars aux cheveux gras. On a rencontré des mecs d'ailleurs. On a vu des mecs de Bordeaux. On a vu des mecs de Paris. On a entendu des discours à la con. On a écouté des mecs s'écouter parler. On a écrit un projet. On demandé 400 K€ à l'ANR.

L'ANR nous à dit :

«C'est génial, mais on peut pas vous financer. Demandez à l'ERC (1)»

On a rencontré des mecs d'ailleurs en Europe. On a volé avec Air France. On a volé avec Easyjet. On a écouté des espagnols. On a écouté des anglais. On a écouté des estoniens. On a rien compris. On a écrit un projet. On a passé des nuits blanches. On a demandé 2,5 M€ à l'ERC.

On avait pas de lobbyiste à Bruxelles. On a rien eu.

 

Au final, j'avais besoin de 15 K€. J'ai demandé 2,5M€. J'ai rien obtenu. J'ai perdu 2 ans.

 

Bref, j'avais besoin de 15 K€  pour financer mes recherches.

 

(1) ERC: European research Council, equivalent de l'ANR au niveau Européen.

Par unis-vers-cythere - Publié dans : Recherche
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Mardi 3 janvier 2012 2 03 /01 /Jan /2012 20:02

Rechercher, c'est publier. Et publier peut s'avérer frustrant. On a beau dire, on a beau faire, quand on a fini un article, on en est fier. C'est normal, vu la masse de travail pour arriver à l'article prêt à être soumis. Et puis si on ne croit pas un minimum à ce que l'on fait, ça sert à quoi de le faire?

Quelques considérations concrètes afin de revenir sur Terre et se préparer à voir le fruit de son travail rejeté!

1 – Un bon article est un article publié.
2 – Un très bon article est un article cité.
3 – Une bonne revue est une revue qui accepte vos manuscrits.
3 – Un auteur qui vous cite est soit un bon copain soit un gars qui a un truc à vous demander.
4 - Un collègue qui s'intéresse à votre manuscrit en cours d'écriture aimerait bien être rajouté à la liste des auteurs.
5 – Un article soumis n'est pas encore rejeté, en review, non plus, c'est après que ça se gâte.
6 – Un reviewer qui rejette votre article est un con.
7 – Un article accepté par un reviewer qui n'a rien compris est préférable à un article rejeté par un cador de la discipline.
8 – Un reviewer qui vous demande des modifications, de manière à vous faire dire le contraire de ce que vous vouliez initialement a forcément raison.
9 –  Un éditeur qui ne répond pas à votre mail d'insultes suite au rejet de votre article n'est pas un connard imbu de sa personne, mais un pauvre gars occupé à répondre au 50 autres mails d'insultes qu'il à reçu ce même jour.
10 – Un article rejeté n'est pas une preuve manifeste de votre génie ignoré victime d'un censure inacceptable, mais le reflet de votre incapacité à être suffisamment clair et précis.
11 – On est fier d'un article publié, même si c'est une grosse daube.

 

Pour ceux qui ont trop peur de l'attente de l'évaluation d'une publication, il reste une revue au résultat attendu: le JofUR (the Journal of Universal Rejection). 

Par unis-vers-cythere - Publié dans : Recherche
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