Mardi 21 février 2012
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Mon université, au top des techniques de communication, organise depuis quelques années des journées Portes Ouvertes afin de réconcilier les djeun's avec la science. Comme bien souvent, partant
d'une bonne intention, ma chère université à tout de même réussi à se tirer une balle dans le pied. Comment est-ce possible ? En avant le désastre :
Les journées portes ouvertes, c'est comme le salon Infosup (salon d'information et d'orientation post-bac organisé tous les ans au Parc des Expositions), sauf qu'on est moins bien installé.
Un point d'information était localisé au Bâtiment administratif, à l'entrée de l'Université, qui se chargeait d'orienter les futurs bacheliers et leurs parents......vers des bâtiments situés à
l'autre bout du campus. La légende veut que la fac soit la jungle, pour le coup, ce samedi là, c'était le désert de Gobi : vide, froid et battu par les vents, mais sans yacks.
Nous étions installés, avec mes collègues, dans un bâtiment parmi les plus délabrés du campus : Construit dans les années 90, défraîchi par le temps et les intempéries, bardage extérieur en
alu défoncé, rideaux au fenêtres des amphithéâtres en lambeaux, plans de travail cassés remplacés à la va vite par de vulgaires planches en bois brut couvertes de graffitis. Par chance, certaines
vitres éclatées par l'explosion d'AZF, masquées par des planches de contreplaqué ont été remplacées en...2011. Par respect pour le lecteur, je n'aborderais pas l'état des toilettes du lieux. Je
peux seulement dire que cet état a motivé des collègues pour ouvrir un blog de photos.
Cerise sur le gâteux, nous étions debout dans le hall, à la jonction des courants d'air en provenances des 3 entrées du bâtiment, plantés devant des distributeurs de boissons dans leur cage
anti-effraction portant la mention « hors service » suite à un conflit entre l'exploitant et l'université.
Au milieu de ce tableau apocalyptique, j'ai pourtant tenu ma permanence toute l'après-midi, comme quoi, on peut avoir l'air con tout en restant digne.
Quels enseignements ont retirés les futurs étudiants de cette expérience? Sûrement pas une envie débordante de venir à la fac. J'entends même leurs parents leur glisser à l'oreille, en
sortant : « tu vas quand même pas faire tes études ici ? ». M'est d'avis, que le nombre d'étudiants en première année , à la rentrée prochaine ne va pas croître. Je ne
sais pas pourquoi, une intuition.......
Au vu de ce constat pitoyable, il me vient une question : « Y'a-t-il une quelconque forme de vie intelligente au service de communication de mon Université? ». On s’enorgueillit de
l'effort du gouvernement pour ses universités. Les autorités locales se félicitent de voir Toulouse lauréate de l'IDEX. Cependant, à la base nous fonctionnons dans des locaux et avec des moyens
digne d'une université du fin fond de l'Albanie. Nos moyens sont indigents comparés à d'autres universités Toulousaines, scandalisent nos collègues recrutés venant d'autre universités françaises
et glacent d'éffroi nos collègues étrangers quand on les confronte à notre quotidien. Durant mes années sud-américaines, j'entendais souvent les citoyens, constatant avec désarroi l'inefficacité
des autorités et la corruption demander « ¿Donde está la plata ? ». A mon tour je demande « Et il est passé où tout ce
fric ? ».
Le slogan de mon Université est « La Science en Grand », ce n'est pas faux, mais il y a des choses bien plus grandes dans mon université (devinez lesquelles).